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Jeune enfant participant à une partie de jeu de société en famille avec le soutien de ses parents, illustrant l'apprentissage de la persévérance et la gestion du découragement.

Article: Comment choisir un jeu de société quand un enfant se décourage vite ?

émotions

Comment choisir un jeu de société quand un enfant se décourage vite ?

Certains enfants abandonnent une activité dès qu'ils rencontrent une difficulté. D'autres se démotivent lorsqu'ils perdent une partie, lorsqu'ils ne comprennent pas immédiatement une règle ou lorsqu'ils ont l'impression d'être moins performants que les autres joueurs. Face à cette situation, de nombreux parents se demandent comment choisir un jeu de société qui permette à leur enfant de prendre du plaisir tout en développant progressivement sa confiance en lui.

Le choix d'un jeu peut effectivement avoir une influence sur l'expérience vécue par l'enfant. Un jeu adapté à son niveau, à son tempérament et à sa sensibilité peut devenir un véritable outil d'apprentissage. À l'inverse, un jeu trop complexe ou trop exigeant risque de renforcer le sentiment d'échec et d'encourager l'abandon.

Comprendre les mécanismes du découragement permet de mieux identifier les critères à privilégier lors du choix d'un jeu de société.

Pourquoi certains enfants se découragent-ils rapidement ?

Le découragement ne traduit pas nécessairement un manque de motivation. Dans de nombreux cas, l'enfant souhaite réussir mais éprouve des difficultés à gérer certaines émotions liées à l'erreur, à l'échec ou à l'attente.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette réaction.

La peur de se tromper

Certains enfants accordent beaucoup d'importance à la réussite. Lorsqu'ils commettent une erreur ou perdent une partie, ils peuvent ressentir une forte frustration. Cette peur de l'échec les pousse parfois à abandonner avant même d'avoir essayé plusieurs stratégies.

Un manque de confiance en soi

Lorsqu'un enfant doute de ses capacités, la moindre difficulté peut lui sembler insurmontable. Il interprète alors l'échec comme la preuve qu'il n'est pas capable de réussir plutôt que comme une étape normale de l'apprentissage.

Une sensibilité émotionnelle importante

Chaque enfant réagit différemment aux situations de compétition. Certains vivent intensément les défaites, les comparaisons ou les remarques des autres joueurs. Dans ces situations, le plaisir du jeu passe au second plan.

Des expériences précédentes négatives

Un enfant qui a souvent été confronté à des jeux trop difficiles ou à des situations répétées d'échec peut développer une appréhension avant même de commencer une nouvelle activité.

Découragement et manque de persévérance : deux notions différentes

Il est important de ne pas confondre découragement ponctuel et absence de persévérance.

Un enfant peut être capable de fournir des efforts importants dans certains domaines tout en abandonnant rapidement dans d'autres. La réaction dépend souvent du contexte, de la difficulté perçue ou de l'enjeu émotionnel associé à l'activité.

Le rôle du jeu n'est donc pas de forcer l'enfant à persévérer à tout prix. Il s'agit plutôt de créer un environnement dans lequel il peut expérimenter, essayer, échouer et recommencer sans craindre d'être jugé.

Les erreurs les plus fréquentes lors du choix d'un jeu

Lorsqu'un enfant se décourage facilement, certaines erreurs peuvent involontairement accentuer le problème.

Choisir un jeu trop complexe

Même si la boîte indique un âge correspondant à celui de l'enfant, cela ne signifie pas forcément que le jeu lui conviendra.

La complexité des règles, le nombre d'informations à gérer simultanément ou la durée des parties peuvent rapidement devenir décourageants.

Un enfant qui passe son temps à demander des explications ou qui ne comprend pas ce qu'il doit faire risque de perdre confiance en lui.

Choisir un jeu sans respecter l'âge indiqué sur la boîte

En tant que parents ou proches, on se dit que le jeu n'est pas compliqué et que même si l'âge indiqué est 8 ans et plus, il peut tout à fait jouer au jeu même s'il n'a que 7 ans car on lui expliquera les règles et qu'il a l'habitude de jouer. C'est une erreur fréquente. Il ne s'agit pas d'une question d'intelligence mais de développement cognitif. Un enfant de 7 ans n'a pas encore mis en place certaines connexions neuronnales et peut se retrouver en difficulté devant un aspect du jeu. Il ne tirera que peu de plaisir de jouer à ce jeu.

Privilégier uniquement l'aspect éducatif

Un jeu n'a pas besoin d'être présenté comme un outil d'apprentissage pour être bénéfique.

Lorsque l'objectif pédagogique prend toute la place, certains enfants ressentent une pression supplémentaire. Ils ont alors l'impression d'être évalués plutôt que de jouer.

Le plaisir reste un facteur essentiel de l'engagement. L'objectif du jeu doit être en premier une expérience agréable et pas un test de capacités intellectuelles.

Des jeux comme le Top Explorer ou Ze Bestioles de TOPLA proposent des moments conviviaux pour les plus jeunes dès 3-4 sans que l'aspect éducatif ne prenne le pas.

Top Explorer

Ze Bestioles

Multiplier les règles et les variantes

De nombreux jeux proposent des extensions ou des règles avancées. Pour un enfant qui manque de confiance, il est souvent préférable de commencer par la version la plus simple possible.

Une progression graduelle favorise davantage la réussite et la motivation.

Comparer les performances

Comparer un enfant à ses frères, sœurs ou amis peut renforcer son sentiment d'échec.

Chaque enfant progresse à son rythme. Le jeu doit rester un espace où il peut développer ses compétences sans être constamment mis en concurrence.

Les caractéristiques d'un jeu adapté à un enfant qui se décourage facilement

Certains critères méritent une attention particulière lors du choix d'un jeu.

Des règles simples et rapidement assimilées

Plus l'enfant comprend rapidement ce qu'il doit faire, plus il peut se concentrer sur le plaisir de jouer.

Des règles claires réduisent la charge mentale et limitent le risque de frustration. 

De plus en plus de jeux affichent des QR codes sur les packagings permettant d'accéder à une vidéo des règles du jeu, ce qui évite la lecture parfois fastidieuse des règles.

Vous pouvez aussi proposer à l'enfant d'observer une partie à côté de vous avant de jouer si vous le sentez perdu.

Une progression visible

Les enfants apprécient souvent de constater leurs progrès.

Un jeu qui permet de réussir certaines étapes, même modestes, favorise le sentiment de compétence. Cette sensation de progression contribue fortement à maintenir la motivation.

Des parties relativement courtes

Les longues parties peuvent être difficiles à gérer pour les enfants qui perdent rapidement leur concentration ou leur confiance.

Des sessions courtes permettent de multiplier les occasions de réussite et de recommencer sans attendre trop longtemps.

Une durée de 15 minutes est déjà une premier pas. Mieux vaut une bonne expérience courte qu'une longue partie moyenne. 

Certains jeux comme par exemple Pili Pili propose des missions différentes à chaque partie, chaque mission ayant une durée courte. C'est idéal pour ceux qui ont une capacité d'attention courte.

Une place pour l'expérimentation

Les meilleurs jeux pour les enfants sensibles au découragement sont souvent ceux qui autorisent plusieurs approches.

Lorsque l'erreur fait naturellement partie du processus, l'enfant apprend progressivement qu'il est possible de se tromper sans que cela remette en cause ses capacités.

Un équilibre entre hasard et stratégie

Le hasard peut parfois jouer un rôle positif.

Lorsqu'un enfant sait qu'une partie n'est pas déterminée uniquement par ses compétences, il accepte généralement plus facilement une défaite occasionnelle.

À l'inverse, un jeu exclusivement stratégique peut accentuer la pression chez certains profils.

Des jeux comme Catorcat ou Summer 1960 à partir de 7 ans de Topla ont un bon équilibre entre hasard et tactique. 

 

Les jeux coopératifs sont-ils toujours la meilleure solution ?

Les jeux coopératifs sont souvent recommandés aux enfants qui supportent difficilement la compétition.

Dans ce type de jeu, les participants poursuivent un objectif commun. La réussite ou l'échec est partagé par l'ensemble du groupe.

Cette approche présente plusieurs avantages :

  • diminution de la peur de perdre seul ;
  • développement de l'entraide ;
  • valorisation de la communication ;
  • réduction des comparaisons entre joueurs.

Cependant, les jeux coopératifs ne constituent pas une solution universelle.

Apprendre à perdre fait également partie du développement émotionnel. L'objectif n'est pas de supprimer toute forme de compétition, mais de proposer des expériences adaptées à l'âge et à la sensibilité de l'enfant.

L'alternance entre jeux coopératifs et jeux compétitifs bien choisis offre souvent le meilleur équilibre.

Par exemple, une partie de Bomb Busters, jeu coopératif, puis une partie de Toy Battle, jeu beaucoup plus stratégique et compétitif. 

 

Comment accompagner son enfant pendant la partie ?

Le comportement des adultes influence fortement l'expérience de jeu.

Valoriser les efforts plutôt que le résultat

Un enfant gagne rarement confiance en lui parce qu'il remporte toutes ses parties.

En revanche, il développe davantage sa persévérance lorsque ses efforts, sa réflexion ou ses progrès sont reconnus.

Des remarques comme :

  • « Tu as trouvé une nouvelle stratégie »
  • « Tu n'as pas abandonné malgré la difficulté »
  • « Tu as mieux compris les règles qu'au début »

peuvent avoir davantage d'impact qu'une simple félicitation liée à la victoire.

Accueillir les émotions

La frustration fait partie du jeu.

Lorsque l'enfant est déçu, il n'est pas nécessaire de minimiser son ressenti. Reconnaître son émotion permet souvent de l'aider à la gérer plus sereinement.

Laisser le droit à l'erreur

L'erreur constitue une étape normale de l'apprentissage.

Un enfant qui comprend qu'il peut se tromper sans être jugé sera généralement plus enclin à persévérer lors des prochaines parties.

Le jeu est un formidable terrain où l'erreur n'a pas de conséquences dans la "vraie vie". 

Faut-il laisser un enfant gagner ?

Cette question revient régulièrement chez les parents.

Laisser systématiquement gagner un enfant peut produire l'effet inverse de celui recherché. Lorsqu'il réalise que les adultes ne jouent pas réellement, la confiance acquise reste fragile.

En revanche, il est tout à fait possible d'adapter certaines situations :

  • choisir un niveau de difficulté approprié ;
  • expliquer les règles progressivement ;
  • proposer des parties équilibrées ;
  • jouer avec bienveillance.

L'objectif n'est pas de garantir la victoire mais de créer des conditions favorables à l'apprentissage.

La difficulté est parfois de jouer avec des enfants d'âge différent ou à des stades de développement différents.

Dans ce cas, si cela créé trop de tension, proposez des jeux à deux avec un des parents ou bien proposer de jouer en équipes.

 

Quand le jeu devient un outil de développement personnel

Le jeu de société constitue un terrain d'entraînement particulièrement intéressant pour développer certaines compétences essentielles.

L'enfant apprend progressivement à :

  • gérer la frustration ;
  • attendre son tour ;
  • prendre des décisions ;
  • accepter l'erreur ;
  • coopérer avec les autres ;
  • persévérer malgré les difficultés.

Ces apprentissages dépassent largement le cadre du jeu lui-même. Ils peuvent ensuite être mobilisés à l'école, dans les activités sportives ou dans la vie quotidienne.

Ce qu'il faut retenir avant de choisir un jeu

Lorsqu'un enfant se décourage facilement, le meilleur jeu n'est pas forcément le plus populaire ni le plus complexe.

Il est généralement préférable de privilégier :

  • des règles accessibles ;
  • des parties adaptées à son niveau d'attention ;
  • une progression visible ;
  • un environnement bienveillant ;
  • des occasions régulières de réussite.

Le jeu de société ne supprime pas les difficultés ni les frustrations. En revanche, il offre un cadre sécurisant pour apprendre à les surmonter progressivement. Avec le temps, l'enfant découvre que perdre une partie, faire une erreur ou rencontrer un obstacle ne l'empêche pas de progresser. C'est souvent dans ces moments-là que se construisent la confiance en soi et la persévérance.

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