Comment réussir en maths ? - rencontre avec Thomas Rodrigues (coach scolaire et CEO de Porte à prof)

Comment réussir en maths ? - rencontre avec Thomas Rodrigues (coach scolaire et CEO de Porte à prof)
Thomas Rodrigues est ingénieur dans l'industrie spatiale. Il a toujours été passionné par la pédagogie. En donnant des cours particuliers, parallèlement à son activité, il s'est rendu compte qu'il y avait certains élèves qu'il n'arrivait pas à aider. Il s'est donc formé pour devenir coach scolaire auprès d'un spécialiste en neurosciences. À présent doté d'une méthodologie basée sur les profils d'apprentissage, il a créé sa société Porte à prof qui a vocation à aider les élèves à mieux apprendre. Nous avons eu envie de lui poser quelques questions sur les maths et la meilleure façon pour enfin les dompter !

Quelles sont les erreurs fréquentes que vous voyez en termes de pédagogie, empêchant les élèves de progresser efficacement ?

Thomas Rodrigues : Pour les élèves, ce que je vois le plus souvent c’est qu’ils n’ont aucune idée de la manière dont ils fonctionnent, de leur façon d’apprendre. Ils essaient de faire au mieux en copiant ce que font les voisins de classe et ils se disent « si ça fonctionne pour les autres, ça fonctionnera pour moi ». En général, ce n’est jamais le cas. Ils n’ont pas appris à se questionner sur qui ils sont en tant qu’apprenants et élèves, et ils essaient d’y palier autant que possible.

On peut s’interroger sur le sujet assez jeune, mais déjà il faut savoir que c’est possible, y avoir été sensibilisé par les adultes autour de soi. Si on est tout seul dans son chemin d’apprentissage, on peut avoir cette réflexion à l'adolescence.

Quels adultes peuvent aider dans cette démarche ?

Les parents ou les adultes qui entourent l’élève à l’école. Ça peut être en classe ou sur les heures périscolaires, quand on est face à ses devoirs ou qu’on a un travail à faire. On peut réfléchir aux difficultés que l’on rencontre, la façon qui pourrait nous convenir pour aborder les choses. En classe, en général, le professeur n’a pas toujours le temps de traiter ce genre de questionnement, avec 30 élèves à gérer. Donc c’est surtout un travail en amont à la maison que je suggère de faire.

Que conseilleriez-vous aux parents qui ont une aversion pour les maths, pour éviter de la transmettre à leur(s) enfant(s) et ne pas créer de blocages ultérieurs ?

Je pense que par le dialogue on peut y arriver. Si le parent a rencontré des difficultés en maths, il va forcément transmettre un peu de son stress et les problématiques qu’il a eues avec la matière. Je dis aux parents que les maths, ça peut faire peur. Si on ne s’en sort pas, on se trouve nul. Et après, c’est un cercle vicieux.

Pour commencer, on peut dédramatiser par le jeu comme vous le faites chez Topla ou alors par les analogies. Expliquer que les nombres, ce n’est pas quelque chose d’inconnu. C’est du concret. Ça existe dans le monde réel, à travers les objets mathématiques qu’on manipule.

La 2e approche serait d’y aller à petite dose, mais d’inciter à s’entraîner régulièrement et à comprendre que les mathématiques, ce n’est pas quelque chose de sorcier. Il n’y a rien à inventer. En maths, il n’y a pas véritablement de création à faire de la part de l’élève, comme c’est le cas pour une dissertation en français.

Certains enfants disent que les maths, ça ne sert à rien. Que répondez-vous à cela ?

En tant que coach c’est assez difficile d’y répondre car c’est un jugement propre à l’élève et ce sera dur de lui faire changer d’avis. Par contre, on peut essayer de prendre le contre-pied, en posant des questions. En disant : « OK, c’est ton avis, mais si tu as des mauvaises notes en maths, que va-t-il se passer ? ». L’élève réalise alors que ça engendrait un mauvais dossier et qu’il ne passerait pas en classe supérieure ou qu'une bonne note dans cette matière lui permettrait de décrocher son prochain examen. Ce sont de petites tactiques qui vont amener l’élève à percevoir l’intérêt des maths, au moins pour le futur.

Parfois les élèves peuvent se dire que dans leur vie, ça ne leur sera pas utile. J’ai tendance à prendre des exemples d’adultes dans ce cas. « Tu verras quand tu feras tes impôts si c’est utile ou pas ? » et je montre comment on calcule ses impôts et utilise les pourcentages. Ou en expliquant que pour faire un gâteau, il faut faire une règle de trois. Si je prends 18 œufs alors que j’en besoin que de 12, j’aurais perdu de l’argent alors que je pouvais utiliser la proportionnalité pour m'en sortir. Pareil quand on va au camping et qu’on souhaite partager les courses entre amis. Je donne aussi des exemples issus de mon métier d’ingénieur : Comment fait-on partir un satellite ? Comment gère-t-on sa trajectoire ? Même si on ne le perçoit pas forcément, il y a des maths derrière ceci.                

Qu’apporte le côté ludique aux apprentissages ?

Ça va vraiment aider certains élèves pour dédramatiser la chose et surtout leur faire connaître les maths d'une façon qui soit plus proche d'eux. Cela fonctionne très bien pour les élèves qui ne voient pas l’utilité des maths notamment ou ceux qui aiment s’amuser en classe, être bavards, discuter. Dans ce cas, le jeu est particulièrement conseillé. Ce sont des élèves qui, s’ils sont dans un cadre trop rigide imposé par les professeurs, vont avoir du mal à s’ouvrir à la matière. D’où le fait de rendre plus souple l’apprentissage par le jeu.

Si vous deviez donner 3 conseils pour vraiment progresser en maths, quels seraient-ils ?

J’en ai plus de trois car je suis en train de finir un e-book là-dessus, mais je vais vous donner les 3 principaux. Il y a des choses qui ne sont pas forcément dites en classe mais qui sont très importantes. La première, c’est de miser sur la compréhension des notions. Sans compréhension, il n’y aura pas de réussite. Donc veiller à bien comprendre les objets qu’on manipule, quitte à les revoir ultérieurement.

Le second conseil que je donnerais, et souvent délaissé par les élèves, c’est la pratique d’un socle de base en calcul et géométrie. Pour bien pratiquer, on peut faire des fiches de calculs, chaque semaine, ou résoudre des exercices de géométrie, comme on ferait des gammes en musique. Afin de s’entraîner sur la partie calcul, qui n’est pas forcément la plus intéressante, mais qui vaut des points lors des contrôles et examens. Ça permet d’aller plus vite et de se concentrer après sur le raisonnement mathématique.

Et le dernier conseil, c’est de réussir à faire résonner les maths en soi. C’est-à-dire réussir à s’approprier les objets mathématiques comme des objets concrets, qu’on sait manipuler, qu’on a compris, pour que ça fasse sens pour soi.

 

L’ebook de Thomas Rodrigues sera disponible sous peu sur son site web www.porteaprof.fr

Il s’intitule “Les 5 clés pour reprendre confiance en soi et enfin réussir en mathématiques“. Il aborde les profils d’apprentissage et donne des clés pour s’en sortir et aller au-delà de sa peur des maths quand on est élève.

Quant à la gamme de jeux Topla pour aider les enfants en mathématiques, vous la retrouverez juste : ici

Et voici quelques-uns de nos best-sellers pour les maths :


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