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Groupe échangeant autour d’un jeu pédagogique sur les préjugés, les stéréotypes et la diversité.

Article: Jeux pour déconstruire les préjugés : comment le jeu aide à questionner nos stéréotypes

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Jeux pour déconstruire les préjugés : comment le jeu aide à questionner nos stéréotypes

Nous aimons penser que nos jugements sont objectifs. Nous croyons évaluer une personne sur ce qu'elle fait, et non sur son genre, son origine, son âge ou son apparence. La réalité est plus complexe : nos perceptions sont aussi façonnées par des représentations intégrées au fil du temps, souvent sans que nous en ayons conscience.

C'est là que le jeu devient un outil précieux pour déconstruire les stéréotypes et les préjugés. Il ne dicte pas ce qu'il faut penser. Il place les joueurs face à une situation, provoque une réaction, puis leur donne envie de comprendre pourquoi ils ont réagi ainsi.

Stéréotype, préjugé, discrimination : quelle différence ?

Ces trois notions sont souvent confondues. Elles désignent pourtant des réalités distinctes.

•      Stéréotype : une représentation simplifiée attribuée à un groupe. Par exemple, penser qu'un métier convient mieux aux femmes qu'aux hommes.

•      Préjugé : un jugement préalable porté sur une personne en raison de son appartenance à un groupe.

•      Discrimination : le passage à l'acte. C'est une différence de traitement fondée sur un critère interdit par la loi (origine, sexe, handicap, orientation sexuelle…), dans une situation qu'elle encadre, comme l'accès à l'emploi, au logement ou à un service.

On ne passe pas automatiquement de l'un à l'autre. Mais identifier ses stéréotypes est la première étape pour éviter qu'ils n'influencent nos actes.

Pourquoi nos préjugés sont souvent inconscients

Notre cerveau traite en permanence une masse considérable d'informations. Pour s'y retrouver, il catégorise : il rapproche les personnes et les situations de ce qu'il connaît déjà. Le Défenseur des droits rappelle que cette catégorisation est un mécanisme automatique de la perception humaine, et qu'elle peut alimenter stéréotypes et préjugés.

Conséquence : on peut défendre sincèrement l'égalité tout en conservant des associations automatiques. À la question « Les filles et les garçons peuvent-ils exercer les mêmes métiers ? », la réponse semble évidente. Face à une situation concrète, notre première réaction peut pourtant nous surprendre.

Certains stéréotypes sont même si familiers qu'on ne les voit plus. Dans un jeu de cartes classique, le Roi bat la Dame : qui s'en est déjà étonné ? La Bataille Féministe part de ce constat. Dans ce jeu de 52 cartes, la Dame devient une Reine qui a le même pouvoir que le Roi. Ducs et Duchesses apparaissent, à valeur égale, et les Valets laissent place aux Vicomtes et Vicomtesses. Ce simple changement de règles rend visible une hiérarchie que personne ne questionnait.

Coffret de l’égalité - 5 Produits - Topla

Comment le jeu rend visibles nos représentations

Un jeu ne demande pas ce que l'on pense en théorie. Il demande de choisir, de réagir, d'interpréter. C'est dans ces réponses spontanées que nos représentations se révèlent.

Il crée une distance qui libère la parole

Aborder directement le sexisme, le racisme ou le handicap provoque souvent des réactions défensives, car personne n'aime se sentir jugé. Le jeu part d'une situation fictive ou d'un personnage. On peut alors demander « Que penses-tu de cette situation ? » plutôt que « Pourquoi penses-tu comme ça ? ». Ce cadre symbolique fait tout l'intérêt du jeu comme outil pédagogique pour ouvrir la parole.

Il interroge nos représentations dès le plus jeune âge

Les stéréotypes se construisent tôt, y compris sur les émotions : « un garçon, ça ne pleure pas », « une fille, ça ne se met pas en colère ». Dans le Mémo des Émotions, chacune des 24 émotions est illustrée à la fois par une fille et par un garçon. En jouant, les enfants apprennent à reconnaître et à nommer ce qu'ils ressentent. Ils découvrent aussi, sans discours, que la tristesse, la peur ou la colère n'ont pas de genre.

Mémo de l'Égalité - Émotions - Topla - apprendre en s'amusant

Il propose d'autres modèles

Quand on pense à un scientifique, un explorateur ou un artiste, quelle image vient spontanément ? Nos représentations se nourrissent des modèles qu'on nous montre. 7 Familles Inspirantes met en avant des femmes remarquables à travers le principe bien connu du jeu des 7 familles. En jouant, on élargit le champ des possibles, et on se demande parfois pourquoi certains noms nous étaient inconnus. On questionne nos préjugés autour du fait que les hommes ont été plus importants dans l’Histoire.

7 familles inspirantes - grandes femmes - Topla

Il permet de se mettre à la place d'un autre

Nous regardons naturellement le monde depuis notre propre position. Dans can YOU?, chaque joueur tire une carte personnage et l'incarne avec ses caractéristiques : origine, couleur de peau, genre, orientation sexuelle, capacités physiques… Tous les joueurs partent d'une même ligne. À chaque affirmation lue à voix haute, ceux dont le personnage possède ce privilège avancent d'un pas.

À la fin, l'écart devient visible physiquement : certains sont loin devant, d'autres n'ont presque pas bougé. Une partie ne permet pas de comprendre parfaitement l'expérience d'une autre personne. Elle rend en revanche concrète une réalité qu'on n'avait parfois jamais envisagée.

C'est pourquoi les jeux inclusifs sont des supports intéressants pour aborder des sujets sensibles avec les adolescents. Ils développent aussi l'empathie, essentielle pour lutter contre le harcèlement, au collège, au lycée comme au travail.

Comment animer la partie pour qu'elle fasse vraiment réfléchir

Ne pas transformer la partie en tribunal

Si chaque réponse maladroite est sanctionnée moralement, les joueurs apprennent seulement à donner la réponse attendue. Or on ne peut déconstruire un préjugé qu'à condition de pouvoir l'exprimer. Une réaction inattendue est un point de départ, pas une faute.

Prévoir un temps d'échange après le jeu

Le vrai travail de réflexion commence souvent après la partie. Quelques questions pour lancer le débrief :

•      Pourquoi as-tu répondu cela ?

•      Aurais-tu réagi de la même façon avec un autre personnage ?

•      Pourquoi la réponse de ton voisin te surprend-elle ?

•      Cette situation aurait-elle été différente pour quelqu'un d'autre ?

•      D'où vient cette idée, et est-elle toujours vraie ?

Cette démarche active rejoint la façon dont le jeu permet d'apprendre autrement.


Un jeu peut-il vraiment faire changer d'avis ?

Pas à lui seul. Une partie n'efface pas des représentations construites pendant des années, et le jeu n'est pas une solution magique contre les discriminations.

Il peut en revanche faire apparaître une contradiction, révéler un autre point de vue et déclencher une discussion qui n'aurait jamais eu lieu autrement. Cela compte, car on ne peut pas remettre en question une représentation dont on ignore l'existence.

Changer d'avis n'est pas une faiblesse. Dire « je n'avais jamais vu les choses comme ça » est même le signe que le jeu a rempli son rôle. Un jeu pédagogique n'est pas là pour nous apprendre quoi penser, mais pour nous apprendre à nous demander pourquoi nous pensons ainsi.

FAQ

À partir de quel âge aborder les stéréotypes par le jeu ?

Les stéréotypes se construisent dès la petite enfance. On peut donc commencer tôt avec des jeux simples sur les émotions, comme le Mémo des Émotions à partir de 4 ans, puis aborder les privilèges et les discriminations à l'adolescence avec un jeu comme can YOU ? à partir de 12 ans.

Ces jeux peuvent-ils être utilisés en classe ?

Oui. Ils se prêtent bien aux séances sur l'égalité filles-garçons, l'éducation morale et civique ou la prévention du harcèlement, à condition de prévoir un temps de débrief après la partie.

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